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 cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.

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MessageSujet: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mar 25 Juil - 22:16

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Sia - Chandelier Le bruit du frigo, ce vrombissement sourd qui hantait ses nuits solitaires, était la seule chose qui animait la maison en cette fin d'après midi. Sur le pas de la porte, Corey regardait le ciel s'assombrir des premières ténèbres d'une nuit en avance alors qu'elle fermait la porte à double tour. Pour ce qu'il y aurait à prendre ici.... rien que de la poussières et de vieux ressentiments. Elle marcha longuement dans le quartier, ses écouteurs enfoncés dans les oreilles pour se couper des bruits, des odeurs, de ces autres qu'elle ne comprenait pas toujours. Ceux qui la laissaient perplexes, quand ils ne lui faisaient pas simplement peur. L'air était frais et léger, portant les senteurs fortes venant du Deli non loin qui se mêlait à l'entêtant pétrichor qui émanait de la terre du vieux terrain vague où elle aimait se cacher, quand elle voulait lire en paix. Petit à petit, les choses devenaient familières. Petit à petit, elle intégrait ces dernières à ses habitudes, à ses besoins plus qu'à ses envies.

Personne ne l'attendait chez elle, et seule devant cette porte inconnue, la jeune filles avait qu'elle pouvait encore rebrousser chemin et retourner dans cette intimité sécurisante qu'elle aimait tant. Elle se moquait de ce que pouvait dires ces illustres inconnus qui parlaient de son bien et de son futur. La conseillère d'orientation, l'infirmière, le principal. Ces adultes grotesques qui savaient mieux qu'elle ce qui se passait en elle, qui rationnalisaient ses crises en disant qu'elle était malade. ce jour-là, dans le bureau du principal, Corey Spiegelman avait renversé la pile de dossier de l'home en hurlant qu'elle n'était pas malade, et qu'il ne savait rien. Elle était ensuite retourné à son mutisme, irrité, frustrée d'être considérée ainsi, et avait refusé de parler plus avant. Genre, elle avait une maladie, elle était cinglée, elle devait être soignée. Les adultes ne savaient rien ; ils tenaient des conclusions sans chercher à comprendre. Ils avaient de la compassion, mais aucune empathie.

C'était pourtant limpide pour elle qu'elle était différente. Mais être différent ne signifiait pas être malade. La curiosité avait commencé à la piquer à cet instant précis, celui où elle comprit qu'elle n'était peut-être pas tout à fait comme les autres jeunes de son âge. Sûrement que c'était flatteur de se sentir un peu unique, mais dans le cas de Corey, cela n'avait fait qu’accroître sa frustration et elle avait prit seule la décision de sonner à la porte du cabinet du docteur Cameron Morgan pour prendre un rendez-vous. Elle l'avait appelé elle-même, et avait choisi son rendez-vous sans faillir malgré le maelström d'émotions incompréhensibles qui l'avait visité et revenait à présent à la charge, dans cette salle d'attente impersonnelle dont les sièges faisaient un bruit désagréable quand on s’appuyait trop dessus. L’adolescente attendit patiemment avant de se lever soudain pour regarder par la fenêtre. Les passants ressemblaient à des insectes. Ses pensées vagabondèrent vers quelques poèmes comprenait le mot "insecte" pour passer le temps. D'insecte, Maintenant dit : Je suis Autrefois, Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde ! - quelque chose comme ça, écrivait Baudelaire.

Elle se retourna finalement en entendant la porte du cabinet s'ouvrir sur un home d'âge mûr, le front plissé par le sérieux de la situation. Elle-même n'était qu'une adolescente de grande taille aux yeux maladroitement charbonnés de noir, portant son éternelle vieille veste des Miami Dolphins à la couleur criarde avec un jeans usé et des baskets sales. Son sac de cours avait connu, tout comme elle, de meilleurs jours.

"Bonjour, docteur", fit-elle simplement par convention, le timbre monotone.

Elle resta plantée là, sans trop savoir quoi faire. Elle ferma alors les yeux, parce qu'elle savait qu'il l'entendait et qu'elle n'avait plus besoin de le regarder, maintenant.
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Dernière édition par Corey Spiegelman le Jeu 27 Juil - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Jeu 27 Juil - 2:27


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Il passait une mauvaise semaine. Il était ... préoccupé. Il sentait que Liv, son ex femme lui cachait quelque chose. A ça s'ajoutait Rebecca et son talent pour se mettre dans la merde. Et Alec, il ne s'était jamais vraiment fais de soucis pour son fils. C'était un bon gamin. Il brillait en sport. Il avait des amis. Il avait l'air de plaire aux filles. Il avait tout pour lui mais il fallait qu'il leur fasse une espèce de crise existentielle. Il se demandait s'il en avait fait une lui aussi à son âge. Il s'était brouillé avec son père mais il aimait se dire que c'était pour des raisons valables ou en tout cas de meilleures raisons que celle d'Alec. Sa mère à lui était morte. Il regarda l'heure, un quart d'heure avant son prochain rendez vous. Il avait largement le temps pour un café. Il se traîna en salle de pause et sortit son téléphone. Il avait plusieurs messages de Milicent Davis, concernant sa fille, Hannah, une de ses nouvelle patiente. C'était vraiment un cas à part c'était la première fois qu'il était confronté à une personne qui avait vécu ce genre de traumatisme. Le cas l'intéressait tellement qu'il avait  proposé des consultations à domicile. Le cas n'était pas la seule chose qui l’intéressait s'il était honnête avec lui même. Millicent était une belle femme. Elle était mariée mais son mari était infidèle. Il ne voyait pas pourquoi elle ne pouvait pas l'être également. Il savait que c'était limite niveau éthique mais elle n'était pas sa patiente, Hannah l'était. Il lui répondit avant de rejoindre son bureau. Son prochain rendez vous était un premier rendez vous. Il s'agissait d'une ado qui l'avait contacté elle même. C'était plutôt rare en général ils se faisaient traîner de force dans son bureau par leurs parents ou par un juge. Il n'avait que peu d'information sur elle mais il était déjà intrigué. Il regarda l'heure avant de se lever et de la faire entrer. C'était une ado qui avait l'air de manquer cruellement de confiance en elle. Elle le salua d'un ton très enthousiaste, okay elle était aussi ravi de le voir que les autres ados qu'il suivait. Il lui sourit.

Entrez, installez vous.

Il désigna le fauteuil en face de son bureau. Il avait bien un canapé mais il ne connaissait aucun psy de ce nom qui fasse allonger ses patients pour autres choses que pour l'hypnose. Il ne voyait pas en quoi être allongé aiderait quelqu'un à se sentir à l'aise. Il était persuadé que c'était plutôt le contraire. Elle adopta une posture particulière. Il la trouvait très fermé.

Corey, est ce que je peux vous appelez Corey ? Qu'est ce que je peux faire pour vous ?

En général il y avait deux types de personnes : les gens qui ne savaient pas trop pourquoi ils étaient là et les gens qui commençaient à lui raconter tous leurs problèmes de manières désordonnées comme s'il était un faiseur de miracle. Il avait le sentiment qu'elle n'était pas dans la dernière catégorie et qu'il aurait dû mal à lui décrocher plus que quelques mots à la fois.



 

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Jeu 27 Juil - 22:12

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Sia - Chandelier Corey demeura quelques secondes en face de l'homme, les yeux fermés pour mieux discerner sa voix. C'était ça, et le calme qui régnait dans la pièce, qui lui semblait le plus important. Déposant son sac de cours proche de la prote d'entrée, la jeune fille poussa un long soupir en reniflant la manche de sa veste qui sentait encore les Cheetos qu'elle avait mangé avant de venir. Cette odeur allait sûrement la stresser tout du long mais elle tenta de ne pas le montrer. Lorsque le psychiatre lui désigna le fauteuil devant le bureau, l’adolescente hocha négativement de la tête. Elle n'aimait pas les face-à-faces, qu'elle trouvait intimidant et ressemblant souvent à des rapports de forces pour elle qui ne regardait pas les gens dans les yeux. Esquivant l'adulte du regard, elle lui dit sur un ton neutre :

"Je préfère rester debout pour le moment."

Il n'y avait aucun défi dans sa voix, même pas de la méfiance mais un simple constat : elle avait passé la journée le cul sur sa chaise en cours et avait envie de rester debout quelques instants. En outre, elle ne voyait pas l'intérêt de s'asseoir quand on lui le disait, puisqu'elle ne vit pas la phrase du psychiatre comme une demande ou un ordre. Elle tourna un peu dans la pièce sans faire attention au reste avant de se poster devant la fenêtre pour regarder la rue en contrebas.

"C'est mon prénom", répondit-elle quand le psychiatre lui demanda s'il pouvait l’appeler Corey. Elle eut l'air étonnée en continuant, "aussi, vous pouvez."

Sa voix était calme et très lente, sa diction particulière, ultra-précise, accentuant les syllabes. Rien d'hautain ou d'agressif, et elle essaya de lui montrer sans vraiment y parvenir qu'elle se montrerait coopérative. C'était difficile à expliquer. Elle fronça gravement les sourcils, visiblement perdue dans ses pensées lorsque l'homme lui demanda ce qu'il pouvait faire pour elle. C'était une drôle de question, et elle eut du mal à savoir pourquoi il la posait. En réponse, elle se contenta de hausser vaguement des épaules non pas parce qu'elle ne savait pas - elle savait très bien - mais parce qu'elle ne savait pas trop quoi lui répondre. Tournant les talons pour aller fouiller dans son sac, l'adolescente en sortit une feuille pliée en quatre pour la tendre au docteur Morgan, esquivant son regard alors qu'elle secoua un peu le papier dans un signe d'impatience, espérant qu'ils ne se touchent pas. Elle se retrancha ensuite très rapidement dans le fauteuil que ce dernier lui avait proposé précédemment, jouant avec les manches de sa veste dont elle aimait la contact, à la fois familier, rassurant et agréable.

"J'ai écris", elle marqua une pause, pour toucher le fauteuil. La texture était étrange. C'était du cuir ? L'odeur l'agressait un peu et elle retroussa le nez en continuant, "j'ai écris ce qui ne va pas. J'arrive pas autrement."

L'écriture était un peu comme elle : un peu bancale, mais écrite d'une traite et sans la moindre faute. Le vocabulaire était plutôt riche. C'était synthétique et franc :

"Il y a trop de bruits autour de moi, et trop de sollicitations extérieures. Parfois ça me frustre, parfois ça me fait peur. J'ai du mal à me faire comprendre. Je ne pense pas que les autres manquent de patience, je pense qu'il manque quelque chose entre nous. Je déteste qu'on me touche, même mes parents ne peuvent pas le faire. Je déteste me toucher aussi, je n'aime ni avoir à me coiffer, ni à me laver. Je sais que ce n'est pas commun."

"L'autre jour...", commença Corey, en délaissant sa veste pour regarder les oiseaux fendre le ciel bleu, "... un type du lycée qui était en colle avec moi pleurait parce que son grand-père est mort. Je savais qu'il n'aimait pas son grand-père alors je lui ai dis qu'il devait être soulagé. Il m'a traitée de monstre."

Elle haussa les épaules, un peu contrariée.

"S'il ne l'aimait pas..."

Ce fut tout ce qu'elle dit, visiblement profondément heurtée d'avoir été traitée ainsi, les dents serrées de colère contenue, ou mal exprimée. Elle froissa l'étoffe de son blouson en se claquemurant à nouveau dans son mutisme. C'était dur de parler autant mais elle savait bien que si elle ne faisait pas d'effort, ses soucis ne se régleraient jamais. La jeune fille soupira en se massant l'arrête du nez, comme si elle sentait une migraine imaginaire poindre dans son crâne.

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Ven 28 Juil - 2:44


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Il rejoignit la salle d'attente pour accueillir son prochain rendez vous. S'il avait été intrigué après avoir eu la jeune femme au téléphone, il l'était encore plus maintenant. Il ne savait même pas quel adjectif employer pour la décrire. Elle était...il ne savait pas. Elle était différente. Elle semblait déterminer à fuir son regard. Il l'invita à entrer et à s'installer. Elle secoua la tête et lui dit qu'elle préférait rester debout pour l'instant. Il lui sourit.

Pas de pression. On ne fera rien qui vous mettra mal à l'aise. C'est vous qui avez le pouvoir ici. Si vous voulez rester debout vous restez debout.

Il lui demanda s'il pouvait l'appeler Corey. Elle semblait tellement...tellement fermé. Il ne savait pas comment l'atteindre. Elle lui dit que c'était son prénom donc il pouvait. Elle lui répondit ça comme si c'était une évidence, comme si elle ne voyait pas pourquoi il posait la question. Il lui sourit à nouveau mais il était certain qu'elle ne le remarquerait pas, pour ça il aurait fallu qu'elle le regarde.

Très bien Corey.

Il lui demanda ce qu'il pouvait faire pour elle. Elle haussa les épaules et se retourna. Il fronça les sourcils, se demandant ce qu'elle pouvait bien faire. Elle fouilla dans son sac à dos et lui tendit un bout de papier. Elle le secoua un peu lui indiquant qu'il n'était pas assez rapide pour l'attraper. Il fit attention de ne pas la toucher. La dernière chose qu'il voulait c'était de la brusquer et qu'elle se ferme complètement. Elle lui dit qu'elle lui avait écrit ce qui n'allait pas parce qu'elle n'arrivait pas à communiquer autrement.

D'accord.

Son petit texte était intéressant, riche en information. Elle avait peur du bruit, de graves problèmes de communication. Elle ne supportait pas le contact. Il avait eu bien fait de ne pas la toucher. Elle avait également dû mal avec tout ce qui touchait à son corps. Elle n'aimait pas se coiffer ni se laver. Elle était vraiment intéressante. Elle était là parce qu'elle savait que quelque chose n'allait pas. Elle était là parce que les autres lui renvoyaient qu'elle avait un problème mais elle était trop déconnecté avec le monde pour comprendre de quoi il s'agissait. Il lui sourit.

Pas d’inquiétude on va travailler ça.

Elle prit la parole pour lui raconter ce qui lui était arrivée au lycée, il y a quelques jours. Il s'agissait d'un gamin qui était en colle avec elle. C'était intéressant en soit, elle s'était retrouvée collé certainement à cause d'un comportement inadapté. Il ne l'interrompit pas et la laissa poursuivre son histoire. Le gamin pleurait la mort de son grand père. Elle savait qu'il ne l'aimait pas et ne comprenait pas pourquoi il n'était pas soulagé. Le gamin l'avait traité de monstre et elle n'avait aucune idée de pourquoi. Cette gamine était une mine d'or, après Hannah c'était comme gagné au loto deux fois dans la même semaine.

Quand on perd quelqu'un on peut réagir de manières différentes. Même s'il n'était pas proche de son grand-père il a pu être submergé par des tas d'émotions. Peut être qu'il s'en voulait de ne pas avoir été plus proche de son grand père, peut être qu'il s'en voulait d'avoir dit du mal de lui, peut être que ça a réveillé en lui des souvenirs. Il était probablement un peu bouleversé et en colère ça ne veut pas dire qu'il pensait ce qu'il a dit et ça veut encore moins dire que c'est ce que vous êtes, tu es. Peut être que ce serait plus simple si je te tutoyais. Tu serais d'accord avec ça ?

Il essaya de croiser son regard, elle était encore tellement tendue. Il ne comprenait pas pourquoi on ne lui avait pas envoyé plus tôt. Il avait des tas de questions pour elle. Il avait envie de voir son dossier scolaire, de lui faire passer un test de QI, de parler à ses parents, à ses professeurs. Il y avait tellement à faire.

Tu accepterais de me parler un peu de toi ? De me dire où tu vis, où tu as grandis, ce que font tes parents dans la vie,...




 

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Ven 28 Juil - 15:03

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Sia - Chandelier Corey regarda un long moment le plafond. Ils ne feraient rien qui la mettrait mal à l'aise ? Comment savait-il ce qui la mettait mal à l'aise ? l'adolescente gagea qu'au moins, il essayerait, mais elle n'aimait pas les gens qui affirmaient les choses. C'était une fille compliquée, sous ses dehors calmes. Elle s'agaçait bien plus qu'on ne pouvait le penser et le fond de sa personnalité était colérique et impatient. Avoir le pouvoir n'était pas dans ses habitudes, ni vraiment dans ses envies. Le pouvoir n'était pas un mot qu'elle aimait entendre.

"C'est un drôle de mot", objecta la jeune fille, "C'est Alain, je crois, qui écrivait que tout pouvoir est triste, tout pouvoir est violence. Vous connaissez Alain ?"

Ce n'était ni un test, ni une agression. Corey disait ce qui lui passait par la tête, avec la digression qui s'y passait. Elle fronça le nez, vraiment dérangée par l'usage du mot pouvoir qu'avait eut le psychiatre sans trop savoir pourquoi. Pour le reste, elle demeura silencieuse en le laissant lire le petit mot qu'elle lui avait adressé pour ne pas avoir à s'expliquer trop longtemps à l'oral, et risquer de se répandre en conjectures, en détails inutiles, en pirouettes explicatives. l'écrit lui plaisait plus : il était réfléchi, prenait son temps. L'oral était approximatif là où l'écrit pouvait être retouché. On ne perdait rien d'un message écrit, contrairement à un message oral. Il demeurait toujours une trace. C'était pour ça qu'on se souvenait toujours de Baudelaire, de Poe, de Maupassant ou de Verlaine. Parce qu'ils avaient écrit.

Elle hocha du chef en détournant la tête quand il lui dit qu'ils allaient travailler ensemble, et cela sembla la détendre. Elle n'aurait donc pas à avancer seule cette fois, mais aurait un filet de sécurité. Comme un peu apaisée, l'adolescente s'assit plus confortablement dans le fauteuil, prenant ses marques dans la pièce en ôtant sa veste et la pliant sur ses genoux un peu maigres. Cela lui permettait de conserver le contact doux et lisse du tissu, rassurant et familier, comme un tic qu'elle avait continuellement. Le toucher était son sens préféré. Il renvoyait des informations sûres. Corey écouta le psychiatre lui expliquer sa vision de l'histoire qu'elle venait de lui raconter. Elle ouvrit un peu les yeux, le regardant fugacement, s'attardant sur ses vêtements, la positions de ses mains, sa manière d'ouvrir la bouche. Elle évitait les yeux, mais son regard était plu précis. Elle ne l'écouta qu'à moitié, visiblement peu intéressée par ce qu'il avait à lui dire.

"J'entend bien. Ce n'est pas ça le problème", lui répondit-elle tout de go, "je ne suis pas un monstre. Je sais qu'on dit de drôles de choses quand on est triste... ou même en général."

Elle reprit, après avoir longuement réfléchi :

"Je ne saurais jamais ce qu'il pensait exactement. C'est ça qui me perturbe", elle haussa des épaules avec désinvolture, "...ce n'est pas important."

Elle se sentit soudain seule, en face de cet homme qu'elle ne connaissait pas, dans ce lieu dans lequel elle ne se sentait pas vraiment à sa place. Crispant les mains sur sa veste à s'en faire blanchir les phalanges, son visage demeura pourtant de marbre tandis qu'elle resta muette aux nouvelles questions de l'homme, relevant finalement la tête.

"D'accord", répondit-elle après un moment, docilement, presque par automatisme, "si ça peut vous aider."

Il n'y avait pour elle aucune différence entre le "tu" et le "vous". Elle ne voyait pas en quoi se faire tutoyer rendrait la communication plus simple, ou plus fluide, mais elle se donna le droit d'essayer pour voir. Peut-être disait-il vrai et les choses allaient miraculeusement devenir plus simple. Elle n'avait aucune idée de ce qui allait se jouer ici, et allait en roues libres ; elle détestait ça mais savait aussi qu'elle n'avait pas le contrôle sur tout. C'était dur à accepter, mais elle était mature. Corey hocha positivement de la tête pour dire qu'elle était d'accord sur le fait de parler d'elle. Après tout était-elle là  pour ça, du moins en partie. Ce n'était pas forcément évident de savoir où commencer cependant, et elle perdit à nouveau de très longues minutes dans une interminable réflexion.

"Je m'appelle Corey Spiegleman... j'ai... dix-huit ans et.. je suis née et j'ai grandi à Miami jusqu'à mes quatorze ans."

Acceptant de sortir de cette zone de confort qu'elle se forgeait elle-même, Corey montra sa veste aux couleurs des Dolphins de Miami. Elle n'avait jamais aimé le Football et ne savait pas trop pourquoi elle aimait tant porter des vêtements aux couleurs de cette équipe ; la couleur, surement. Mélange de turquoise, d'orange et e blanc. Des couleurs qui lui rappelaient la chaleur, le confort. Elle parlait toujours aussi lentement en détachant ses syllabes, dans cette diction très formelle pour son âge.

"Je suis ici depuis quatre ans. Ma mère est écrivain, j'aime bien ce qu'elle écrit. Mon beau-père était en Afghanistan.. mais maintenant... il fait du pain. Je ne les vois pas souvent. J'ai vu mon père biologique une fois. C'était sympa", elle s'autorisa un sourire timide, yeux mi-clos, avant de reprendre, "J'aime lire", elle eut un drôle de geste, comme si elle mimait quelque chose mais que la démarche était avortée, "... et les animaux. Le reste n'est pas intéressant."

Elle clôt sur un ton plus apaisé, mais guère plus prolixe :

"Vous aimez lire ?"

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mar 1 Aoû - 1:24


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Il devait prendre des gants avec elle parce que chacun de ses mots étaient analysées au peigne fin. Il parla par exemple de pouvoir et elle lui sortit une citation d'Alain. Un philosophe français s'il avait bon. Elle lui demanda s'il le connaissait.

Euh pas vraiment désolé. Ce que je veux dire c'est que tu as le choix. On avancera à ton rythme. Pas de pression.

Il avait l'impression qu'avec elle s'était un pas en avant un pas en arrière. Il gagnait des points et les perdait sur le champs. Une chose est sûr elle lui semblait être d'une intelligence rare. Elle ne manquait pas de culture ni d'analyse. Ils parlèrent d'un événement qui s'était produit alors qu'elle s'était fait collé. Un gamin qui l'avait traité de monstre. Il essaya de décrypter avec elle ce qui s'était passé. Il était surpris qu'elle ne pensait pas être un monstre. Pas qu'il ne pensait qu'elle l'était mais la plupart de ses patients considéraient qu'ils l'étaient. Pas elle et c'était intéressant. Son plus gros problème n'était pas un problème de confiance en soi.

Tu as raison les gens disent de drôle de chose.

Ce qui la gênait c'était qu'elle ne saurait jamais ce qu'il pensait. Elle n'aurait jamais de réponse à ses questions.

C'est quelque chose qui te frustre de ne pas savoir ce que les gens pensent, de ne pas savoir ce qu'ils ressentent ?

Il lui demanda de lui en dire plus sur elle. Elle n'en voyait pas l'intérêt mais accepta de se prêter au jeu.

Merci.

Elle lui donna son nom, son âge et lui dit qu'elle avait vécu à Miami jusqu'à ses 14 ans. Il lui sourit.

Le Sunshine State. Tu aimais Miami ? Qu'est ce qui t'a amené à Burlington ?

Elle avait dû traverser toutes la côte Est des Etats Unis. Ça ne devait pas être évident pour une adolescente et encore plus pour une adolescente comme Corey. Sa mère était écrivain et Corey aimait ce qu'elle écrivait.

D'accord qu'est ce qu'elle écrit ?

Son beau père revenait d' Afghanistan. Il faisait désormais du pain. Cameron le prit en note. Elle ne le voyait pas souvent. Quant à son père elle ne l'avait vu qu'une fois. Elle lui dit que ça avait été sympa.

Hum. Comment tu vis l'absence de ton père et de ton beau père ?

Elle lui dit qu'elle aimait lire et qu'elle aimait les animaux. Le reste n'avait pas d'importance.

D'accord. Est ce que tu possèdes des animaux ?

Là encore il était désespéré de pouvoir créer un lien entre eux. Elle lui demanda s'il aimait lire. Il la soupçonnait de passer sa vie dans des bouquins.

Oui j'aime bien. Quel type de livre est ce que tu préfères ? Tu lis beaucoup de philosophie ?



 

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mer 2 Aoû - 0:40

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Sia - Chandelier Elle hocha de la tête comme pour lui dire que ce n'était pas grave, sans rien ajouter de plus. Le terme choix lui sembla plus agréable à l'oreille que celui de pouvoir et elle eut un bref sourire satisfait, comme si elle le remerciait sans oser le lui dire.

"Ne vous mettez pas la pression", ajouta-elle comme par mimétisme.

Que les gens disent de drôles de choses était un fait. Elle-même en disait tout le temps. C'était sûrement parce que les gens étaient guidées par leurs émotions qu'ils ne réfléchissaient pas forcement à leurs dires. Et c'était peut-être parce que Corey réfléchissait trop avant de parler qu'elle tombait toujours un peu à côté du propos. Le psychiatre lui posa alors une question qui lui apparut tellement comme un évidence qu'elle ouvrit de grand yeux, comme si elle réalisait quelque chose de primordial, quelque chose auquel elle n'avait jamais pensé.

"Oui, beaucoup", répondit-elle aussi honnêtement que laconiquement, ne sachant quoi rajouter. Elle se craqua les doigts, s'agita un peu sur son fauteuil, "c'est stupide, ça me met en colère. Contre moi, pas contre eux", elle releva alors le visage vers le praticien, mais son visage n'exprimait rien du tout, "mais je n'arrive pas à expliquer aux gens que je suis en colère, ni pourquoi."

Malgré son apparence retranchée, Corey était une fille docile qui coopérait volontiers avec son psychiatre. Ce n'était pas qu’elle refusait de communiquer, c'était plutôt qu'elle n'arrivait pas à mettre des mots sur ce qu'elle ressentait dès que ces choses dépassait les émotions simples comme la tristesse ou la colère.

"De rien", ne put-elle s’empêcher de dire quand il la remercia, d'une politesse presque pathologique.

Monsieur Morgan lui demanda finalement de lui parler un peu d'elle, et Corey s'exécuta certes laconiquement mais précisément, comme elle en avait l'habitude. Elle parlait de faits un peu bruts, sans tourner autour du pot, mais sans détailler non plus. Non pas par malice, mais par habitude. Il lui demanda finalement si elle aimait sa ville natale et elle ne sut quoi lui répondre, haussant vaguement des épaules.

"Je ne sais pas. Parce que quand vous dites "Miami", est-ce que vous parlez de la ville, où de ma vie là-bas ?", elle plissa des yeux, regardant le plafond, "Je suis venue ici parce que ma mère a quitté notre famille. Elle a battu mon oncle avec une batte de baseball quand elle a appris qu'il me violait depuis... un moment."

Ses détails demeuraient factuels, et sa voix posée et distante, comme si elle avait déjà pu faire une moitié de croix sur les abus que son oncle Ezra lui avait fait subir. C'était en mettant de la distance entre elle et son passé qu'elle était parvenue à demeurer entière, autant qu'elle l'avait pu.

"Des romans d'horreur", répondit Corey en passant du coq à l'âne, "... elle a une bonne structure narrative, j'aime bien."

Corey n'ajouta rien parce que cela lui sembla un peu hors-propos dans la séance, préférant répondre sincèrement aux questions suivantes.

"Mon père biologique ne fait pas parti de mon quotidien, aussi je ne ressens rien", elle ferma les yeux, souriant un peu, "Christian... je ne sais pas. Quand il est là, il faut faire comme il dit, et ça perturbe mes habitudes. Je n’aime pas ça, alors je préfère quand il n'est pas là."

Elle prit un moment, comme si elle réfléchissait à ce qu'elle venait de dire, mais son visage n'exprimait rien du tout à part de la sincérité. Elle reprit.

"J'ai un python tacheté."

Elle n'avança rien de plus, parce qu'il n'y avait selon elle rien à ajouter et que le psychiatre parla rapidement d'un sujet qui l'intéressait beaucoup plus. L'intérêt que Corey portait aux livres se vit rapidement sur son visage, dans sa posture plus détendue, mais le corps plus en avant également, plus ouverte.

"Oh...", fit-elle, comme satisfaite qu'il aime lire sans vraiment le montrer, "j'aime un peu tout... enfin... je...", elle sembla s'embrouille soudain, parce que l'excitation monta et qu'elle ne sut pas très bien la gérer, sans que son attitude ne perde son calme.

La jeune fille avait commencé à se balancer d'avant en arrière, tout doucement, de manière symptomatique. Elle gérait à l'évidence mal ses émotions, même si elle demeurait extérieurement molle et calme.

"E-Edgar... Edgar Allan Poe. Et les romantiques... Baudelaire, Lord Byron, Théophile Gautier p-puis... oh, tellement....", elle chercha ses mots, le regard agité, "... mon livre préféré c'est... R-Rebecca, de Daphnée du Maurier."

Elle avait fort bien retenu le prénom de la sœur de monsieur Wilson uniquement parce qu'elle s’appelait Rebecca. Nul doute qu'elle l'aurait oublié autrement. L'air un peu embarrassée de ses emportements qui pourtant n'étaient pas vraiment visuels, Corey embraya sur la nouvelle question de monsieur Morgan.

"Oui", elle réfléchit à ce qui lui plaisait dans cette matière qu'elle aimait beaucoup au lycée mais qu'elle ne parvenait pas à maîtriser comme elle le souhaitait, "parce que c'est édifiant."

Elle insista sur le mot qui semblait un peu étrange dans sa phrase, ou tout simplement dans la bouche d'une adolescente avec son allure.

"J'adore Le Banquet de Platon, qui m'a beaucoup appris sur les gens. Il y a des notions très modernes dans ce bouquin, comme l’homosexualité, le consentement. C'est aussi un livre fascinant sur le plan de l'objet. Il utilise son propre système de référencement, la pagination de Stephanus. C'est très intéressant."

Corey ne se rendait pas compte de sa manière de s'ouvrir dès qu'il s'agissait de parler de son sujet de prédilection, ni de son début de parole. Ni même de sa manière tout à fait brutale de raconter sans rien expliquer, comme si la personne en face d'elle comprendrait et cernerait sans son aide. S'empourprant d'avoir trop parlé, elle conclut en essayant de cacher son enthousiasme :

"Bref, je connais ce livre par cœur. Je l'ai lu des vingtaines de fois. Mais j'ai aussi lu Hobbes. Et Alain."

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Dim 6 Aoû - 1:08


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Il essayait de la rassurer de la mettre en confiance. La tâche s'avérait plus compliqué que prévu. Elle était d'une intelligence rare, capable de citer des auteurs dont la plupart des gens de son âge n'avaient jamais entendu parler, dont la plupart des gens tout court n'avaient jamais entendu parler. Il se reprit pour faire passer son message. Il lui dit qu'elle n'avait pas à se mettre la pression parce qu'ils avanceraient à son rythme. Elle lui renvoya ses mots en lui disant de ne pas se mettre la pression. Il lui sourit.

Je tâcherais de m'en souvenir.

Ils parlèrent d'une situation qui s'était produite à son lycée. Ils partirent de ça pour partir plus loin. Le problème n'était pas ce que le crétin lui avait dit, le problème était qu'elle ne saurait jamais ce qu'il pensait. Elle avait besoin de savoir et ça la frustrait de ne jamais avoir la réponse. Elle se mettait en colère contre elle même pas contre les gens. Elle arrivait très bien à analyser la situation, bien mieux que la plupart de ses patients surtout pour une première séance. Elle arrivait à lui dire quel était le problème : ici qu'elle n'arrivait pas à communiquer aux autres ce qu'elle ressentait. Il prit quelques notes avant de reprendre.

Comment se traduit cette colère que tu n'arrives pas à exprimer aux autres ? Tu as dit que tu étais en colère contre toi. Est ce que ça passe tout seul ou est ce que tu fais quelque chose pour éliminer cette colère ? On va essayer de faire en sorte que tu puisses mettre des mots sur ce que tu ressens pour que tu puisses l'exprimer aux autres.

Il lui demanda de parler d'elle. Elle ne lui donna que peu d'informations, comme si elle avait fait une synthèse de sa vie et tout ce qui restait c'était ces quelques informations. Elle venait de Miami et il lui demanda si elle aimait cette ville. Elle lui demanda de préciser sa question, est ce qu'il lui demandait si elle aimait la ville ou sa vie là bas.

Tu peux répondre au deux mais ce qui m'intéresse c'est que tu me parles de ta vie là bas.

Elle lui expliqua qu'elle était venue à Burlington parce que sa mère avait quitté sa famille après avoir battu l'oncle de Corey à coup de batte de baseball pour l'avoir violé à plusieurs reprises. Cameron serra les poings. Il espérait qu'elle lui avait réglé son compte mais ça n'était jamais assez. Il supposait qu'il n'y avait pas eu de plainte, pas eu de suivis. Il essaya de garder ses émotions pour lui. Il le devait à sa patiente.

D'accord. Est ce que tu en as parlé à quelqu'un ? Est ce que tu as été vu par un médecin après ça ?

Lui demander de porter plainte, le démangeait mais ça n'était pas le moment de le faire. Il devrait cependant revenir sur ses viols lors des prochaines séances. C'était trop grave pour ne pas être évoqué. Elle lui apprit que sa mère écrivait des romans d'horreur. Il supposait qu'après ce qu'elles avaient dû vivre l'inspiration ne devait pas avoir trop de mal à venir. Sa mère avait certainement besoin de consulter, elle aussi.

D'accord peut être que tu pourrais m'en apporter un la prochaine fois. J'aimerais bien découvrir ce qu'elle écrit.

Il lui posa un peu plus de question sur son père et son beau père. Elle n'avait vu son père qu'une fois. Ses problèmes d'attachement étaient tels qu'il ne lui manquait pas. Elle ne ressentait rien pour lui. Quant à son beau père, il bouleversait son quotidien et ses petites habitudes. Elle préférait quand il n'était pas là.

D'accord. Tu n'aimes pas l'imprévu, les surprises ?

Il continua de lui poser des questions. Il lui demanda quel genre d'animal elle aimait. Elle lui appris qu'elle avait un python. Il supposait qu'il ne devrait pas être surpris par le fait qu'elle préférait les animaux à sang froid.

Comment est ce que tu l'as appelé ?

Il trouva enfin le sujet de conversation qui pouvait la faire parler. Elle était passionnée de lecture, devait passer son temps à lire. Elle était tellement excitée à l'idée d'en parler qu'elle ne trouvait pas ses mots. Elle lui dit qu'elle aimait un peu de tout. Elle lui cita quelques grands auteur et lui dit que son livre préféré était Rebecca de Daphnée du Maurier. Il ne put s'empêcher de sourire pas parce qu'il avait lu le bouquin. Il avait aucune idée de quoi ça parlait mais parce que ça lui fit penser à sa Rebecca. Rebecca et Corey étaient très différentes mais elles donneraient tout l'une comme l'autre pour savoir ce qui se passait dans la tête des autres. Rebecca s'attachait trop et Corey probablement pas assez. Il se reconcentra sur Corey.

De quoi ça parle ?

Elle lui dit qu'elle aimait ce livre parce qu'il était édifiant. Il lui sourit, surpris par son changement de comportement. Elle aimait vraiment parler de ses lectures.

Ah oui ?

Elle lui parla également du banquet de Platon qu'il n'avait pas plus lu. Ce livre traitait apparemment de sujet moderne tel que l'homosexualité et le consentement. Elle lui parla d'une pagination qu'il ne connaissait pas et lui dit que c'était très intéressant. Il lui sourit.

Ça a l'air. Ce sont des thèmes qui te tiennent à cœur ?

Elle lui avoua avoir lu ce livre une vingtaine de fois, elle lisait aussi Hobbes et Alain qu'elle avait cité plus tôt.

Tu passes beaucoup de temps à lire ?





 

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Dim 6 Aoû - 23:29

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Sia - Chandelier Corey était soucieuse du bien-être des autres, même si elle ne comprenait pas ce qui le permettait. Voyant le médecin sourire sans son champ de vision, elle lui offrit un sourire timide, les joues un peu empourprée, par mimétisme. Les médecins aussi devaient prendre soin d'eux, parce qu'elle gageait que ce devait être un métier très difficile de passer sa journée à écouter des gens malades, malheureux ou mal dans leur peau. Elle ne dit pourtant rien de plus, baissant la tête pour regarder ses propres mains, jouant avec ses doigts pour les occuper et cacher sa nervosité avec maladresse. Elle parla alors, pas vraiment de manière fluide mais avec beaucoup de bonne volonté pour une fille qui apparaissait de prime abord si fermé et distante. Corey était mature, elle était ici pour comprendre et faisait bien comprendre à monsieur Morgan qu'elle ne serait pas difficile ; ou tout du moins, qu'elle ne désirait pas l'être. Ce dernier prit des notes et lui demanda comment se traduisait sa colère. L’adolescente eut l'air perturbée, se grattant entre les sourcils pour réfléchir de manière visiblement très poussée, si poussée qu'elle en oublia tout le reste. Que ressentait-elle, quand elle se sentait en colère ?

"C'est... dur à dire", elle hocha la tête, "mais... j-je vais essayer."

Elle se gratta l'arrière de la nuque avec un air à la fois perdue et perplexe, et prit cinq bonnes minutes pour parvenir à offrir une réponse qu'elle jugeait valable au psychiatre.

"Dedans...", elle se frotta le ventre, "je vais prendre une... image. C'est... le sol tremble, et l'on sait que quelque chose de mauvais arrivera bientôt. C'est un volcan qui entre en éruption. Puis, après, tout comme les habitations sur les flancs de la montagne doivent être reconstruites après que le volcan est entré en éruption, j'ai besoin de temps pour revenir à l'état antérieur."

Elle s'interrompit pour serrer à nouveau entre ses mains l'étoffe de sa veste, la froissant à s'en faire blanchir les phalanges. Ses images étaient très nettes dans sa tête, mais ce n'était que des images.

"Je marche en rond, souvent. Je touche des choses agréables, comme ma veste. Ma mère dit que je me balance et que je parle de trucs qu'elle ne comprend pas. Je pense juste à plein de choses en même temps."

Elle sembla avoir du mal à parler, et chercher à se couper que quelque chose en train de poindre : parler de sa colère la mettait en colère, et elle sembla soudain très retiré, comme absente.

"Mais je refuse les comportements de colère. Ce n'est pas quelque chose de bien à montrer. Alors je file dans l'imaginaire."

Elle resta plusieurs minutes en retrait, comme vidée de sa substance, refusant de répondre immédiatement aux question du médecin, comme elle rêvait assise, les yeux grands ouverts. La jeune fille se balança un peu, se serrant doucement dans ses bras. Elle devint beaucoup moins loquace, plus synthétique.

"Miami est une belle ville. J'aime la mer... l'odeur, le bruit... surtout l'odeur. La vie... c'était un peu comme ici. J'étais petite, je n'y faisais rien de spécial. C'est juste mieux ici parce que mon oncle ne me touche plus."

Elle gardait ses émotions pour elle, le visage neutre, les yeux fermés. Son oncle avait été son croquemitaine personnel, et penser à lui la remplissait d'un effroi si vif qu'elle se coupa de toute émotion en une seconde, comme figée.

"A ma mère, et il a résulté ce que je vois ai dis. Ma famille m'a traité de menteuse, et seuls ma mère, Christian et ma cousine Eva m'ont crue."

Quand il lui demanda si elle était allée voir un médecin, l’adolescente répondit tout de go :

"Non. Ma mère le voulait mais je ne voulais pas qu'un médecin me touche. Alors elle a laissé tomber."

La jeune fille haussa des épaules avec un air maussade, presque irrité mais elle se calma aussitôt que le médecin lui demanda un exemplaire d'un des livres de sa mère; elle fouilla dans son sac de cours pour lui sortir un livre de poche titré "L’œuf de la Chèvre Noire" et le poser sur le bureau de monsieur Morgan.

"C'est son dernier. Il parle d'une femme qui fait un voyage à Tolède et y rencontre le diable."

Elle embraya rapidement sur son dégoût du changement, comme si c'était une évidence.

"Je déteste ces choses-là. Ça me fout les jetons."

Première fois que son niveau de langue changeait depuis qu'elle était entrée dans le cabinet de Cameron. Sa voix était sincère et son regard, effrayé malgré le fait qu'elle ne regardait pas le quadragénaire. Elle changea rapdiement de sujet en répondant à sa question sur son serpent.

"King Midas, comme  le roi de Phrygie avant la conquête cimmérienne, qui changeait le plomb en or."

Elle eut un vague sourire, son esprit dérivant sur l'agréable sensation des écailles entre ses doigts, loin du toucher effrayant des autres êtres humains. C'était froid et doux, et ça ne demandait rien. Elle sortit de sa rêverie torpide quand il lui demanda des précisions sur le roman Rebecca. Encore une fois son débit de paroles augmenta de manière très abrupte, et elle lui expliqua, empourprée d'excitation :

"C'est une histoire d'obsession. Je me souviens avoir lu et relu certains passages avec avidité, pour tenter d’en comprendre le sens caché, pour accéder à de nouvelles interprétations, avec à chaque fois l’impression de découvrir un texte nouveau."

Corey essaya de se concentrer, pour ne pas partir dans tous les sens, mais avait déjà commencer à se balancer d'avant en arrière.

"Pour faire court, la narratrice rencontre un homme en vacances et après quelques semaines à se tourner autour, ils se marient. Il la ramène dans sa splendide propriété située en Angleterre. Le problème, c'est Rebecca, son ancienne épouse. Elle a beau être morte, Rebecca est encore partout. Dans les souvenirs des visiteurs qui présentent leurs hommages à la nouvelle Madame de Winter, dans le regard des domestiques de la maison, dans chaque bibelot qu’elle avait choisi avec soin, chaque morceau de tissu qui porte encore son parfum..."

Elle n'en dit pas plus, parce qu'elle n'aimait pas spoiler les livres, mêmes si elle ne concevait pas que Rebecca aurait pu ne pas intéresser quelqu'un, comme ce livre était tout pour elle. Encore une fois lorsque le médecin sourit, Corey lui offrit un sourire réservé en écho, comme si elle tentait de l'imiter mais avec beaucoup de gentillesse, et de maladresse. Elle répondit à sa nouvelle question sur ses intérêts, le devançant même un peu.

"Oui, parce que comme j'ai été violée jeune, je ne savais pas ce qu'était le consentement", elle marqua une pause, en parlant de manière étrangement détaché avant de reprendre, "et oui pour l'homosexualité, parce la seule personne avec laquelle je suis sortie était une amie de ma mère, alors je me suis demandé si j'étais homosexuelle moi aussi."

Quand il lui demanda si elle passait beaucoup de temps à lire, Corey hocha timidement de la tête.

"Je lis avant de me coucher, et en me levant. A la pause de midi au lycée, et en rentrant chez moi après mes devoirs. Et après avoir cuisiné et mangé, je lis un peu avant de me coucher."
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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mer 9 Aoû - 2:32


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Corey était une personne très intéressante. Elle était une des raisons pour laquelle il avait choisit de s'orienter vers la psychiatrie. Elle était différente, une anomalie, une perle. Très intelligente, sans doute trop pour son propre bien. Elle essayait d'analyser les gens mais était toujours à des millions d'année lumière d'eux. Ses réponses étaient souvent inadaptés parce qu'elle ne pensait pas de la même façon que les autres. Elle lui sourit parce qu'il lui avait souri. Il n'était pas certain qu'elle sache pourquoi elle le faisait. Elle jouait avec ses mains, ne le regardait quasiment pas. Ce n'était pas de l'impolitesse. Elle était nerveuse mais ça n'était pas lui c'était toute personne ou au moins toutes personnes qu'elles ne connaissaient pas. Le fait qu'elle ait choisi de venir ici de son plein gré était intéressant. Elle lui avoua être frustrée de ne pas savoir ce que les gens pensaient et cette frustration se transformait en colère contre elle même. Elle comprenait ses questions et avait envie de lui répondre, de l'aider à comprendre.

Merci.

Elle lui montra son ventre et le compara à un volcan en éruption. Après la tempête elle avait besoin de temps pour revenir à l'état normal. Le fait qu'elle ne mentionne pas l'auto-mutilation le rassura. C'était une de ses craintes. Les patients qui s'auto-mutilaient l'évoquaient rarement mais Corey n'avait pas l'air d'avoir de filtre.

D'accord. Tu dirais qu'il te faut combien de temps pour revenir à l'état antérieur ?

Quand ses crises se produisaient elle tournait en rond et avait besoin de toucher des objets familiers. Elle se balançait d'avant en arrière selon sa mère donc elle n'en avait pas conscience. Elle présentait de sérieux comportements autistique. Il ne comprenait pas que son école n'est rien fait.

D'accord.

Elle ajouta qu'elle refusait les comportements de colère. Elle lui parla comme pourrait le faire un enfant. "Ce n'est pas bien". Elle avait conscience de fuir dans son imaginaire.

Tu passes beaucoup de temps dans ton imaginaire ?

Il lui parla de Miami et elle se renferma. Elle commença à se balancer de manière rythmique. Elle lui répondit de manière détaché. Elle lui dit que c'était mieux ici parce que son oncle ne la touchait pas.

On est pas obligé d'en parler aujourd'hui. Tu es attachée aux odeurs ? C'est quelque chose qui te rassure ?

Elle n'avait parlé de ce qui lui était arrivé qu'à sa mère et elle avait frappé son oncle à coups de batte. C'était mieux que tous ces parents qui refusent de croire leur propre enfant mais il aurait préféré que la justice soit impliquée. Elle évoqua une cousine Eva dont elle n'avait pas encore parlé jusque là.

Tu es proche de Eva ?

Sa mère avait voulu qu'elle voit un médecin mais Corey avait refusé, rien de très surprenant à ça.

D'accord.

Ils changèrent de sujets pour ne pas qu'elle se ferme davantage. Ils parlèrent du travail de sa mère. Il lui dit qu'il serait intéressé pour lire une copie et elle en sortit une de son sac. Ça s'appelait "L’œuf de la Chèvre Noire". Un titre très original.

Merci.

Elle lui expliqua que ça parlait d'une femme qui voyageait et rencontrait le diable. Il n'y avait pas que le titre qui avait l'air original.

Ça te dérange si je te le rends la prochaine fois ?

Les sujets changeaient rapidement ce qui lui permettait d'avoir pas mal d'informations. Elle détestait les surprises mais là encore rien de surprenant. La plupart des autistes avaient besoin d'une routine. Il sourit à l'expression qu'elle avait choisi.

Moi non plus je n'aime pas trop ça.

Ils parlèrent ensuite de son serpent qu'elle avait appelé King Midas. Elle débordait de culture.

C'est un choix intéressant.

Elle lisait beaucoup alors ils parlèrent de son livre préféré : Rebecca. Il ne connaissait pas du tout mais le titre le fit penser à Rebecca. C'était une histoire d'obsession, peut être qu'il devrait se le procurer. L'histoire avait l'air intéressante et le livre avait l'air de la captiver. S'il savait ce qu'elle aimerait, il arriverait peut être à entrer un tant soit peu dans son univers.

Merci j'essaierai de le trouver.

Elle lui parla d'un autre livre qui l'avait marqué, de Platon celui là. Il était impressionnée par son analyse. Elle était capable de parler de consentement, de son viol, d'une relation homosexuelle qu'elle avait eu.

Tu veux m'en parler ? Comment elle s'appelait ?

Il lui fit la remarque qu'elle lisait beaucoup et elle lui confirma de manière involontaire. Elle lisait en permanence.

Tu as d'autres passions dans la vie ?



 

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mer 9 Aoû - 12:27

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Marina & the diamonds - Teen Idle Corey sentit une tension poindre dans son estomac, et ses viscères se serrer un peu sans que son visage n'exprime rien. C'était un simple mal de ventre d'angoisse. Elle ne sut quoi répondre au psychiatre quand il lui demanda combien de temps il lui fallait pour se calmer. Ça changeait tout le temps, selon les situations, suivant ses humeurs, suivant la présence de telle ou telle personne. Elle haussa des épaules, un peu vaguement, sans désinvolture cependant. C'était une adolescente toujours intensément concentrée, très polie, qui parlait peu mais ne cachait rien. Elle était coopérative avec le praticien et à vrai dire, l'idée de se mutiler ne lui était jamais venue ; comme la plupart gens, elle n'aimait pas la douleur et n'aurait pas vu l'intérêt de se faire souffrir. Quand il lui demanda si elle passait beaucoup de temps dans son imaginaire, l’adolescente eut l'air surprise, et surtout mise au pied du mur : elle n'en avait aucune idée. C'était difficile de quantifier le temps pour elle, surtout quand elle rêvassait ; mais cela ne lui semblait pas vraiment grave. Tout le monde rêvasse, surement. Encore une fois, elle haussa les épaules pour exprimer qu'elle n'en avait aucune idée.

Miami était un sujet épineux qui lui renvoyait les douleurs du passé, mais aussi la nostalgie de la ville où elle avait grandi et était née. La jeune fille avait commença à se balancer d'avant en arrière sans s'en rendre compte, essayant de se rassurer en froissant le tissu de sa veste. Son regard était à présent complètement fermé, sa bouche tirée en une longue ligne contrite. Mais le reste de son visage n'exprimait rien du tout.

"Merci", dit-elle poliment en signifiant qu'elle ne voulait pas en parler pour le moment avant de changer de sujet pour en venir aux odeurs, "... c'est...", elle réfléchit intensément, se touchant le bout du nez de l'index, "c'est... une sensation sûre. Je veux dire, je peut faire confiance à ce genre de choses. Peut-être que l'on "sent" mieux que l'on existe. Je ne sais pas."

Il avait peut-être raison, mais elle ne savait pas trop. Les odeurs connues représentaient un territoire sûr, le sien. Et qu'elle était en sécurité. Il y avait la fragrance un peu rance des vieux livres dans la petites bibliothèque de sa chambre, l'odeur des cheveux de sa mère, qui sentait un mélange de savon et de cannabis. Christian quant à lui sentait toujours un peu la cannelle et le rugelach aux amandes, comme il était boulanger ; elle sourit en se remémorant ces senteurs apaisantes, l'air apaisée par ses propres pensées, comme satisfaite. Même si elle parlait peu, ses émotions changeaient visiblement tout le temps. Le docteur Morgan lui posa une question sur sa cousine qui la fit sortir de sa rêverie.

"Oui", répondit-elle laconiquement,c ar elle n'avait rien d'autre à dire, "Eva fait attention et des fois... elle essaye quand même de me toucher ou de me faire parler avec des gens que je ne connais pas, comme pour tenter de me faire sortir de ma coquille."

Elle eut l'air un peu embarrassée en se souvenant de l'inconvenance chronique de sa cousine, surtout durant le barbecue. Mais elle l'aimait aussi pour ça : Eva était libre. Elle ressemblait à une sorte de modèle positif de sociabilité. L’adolescente hocha poliment de la tête quand il la remercia, le regardant avec attention tandis qu'il parcourait la couverture du livre de sa mère.

"Prenez votre temps, monsieur Morgan. Et s'il vous plait, gardez-le. Cadeau."

C'était une adolescente certes renfermée et étrange, mais elle était aussi profondément généreuse, n'attachant pas vraiment d'importance aux choses matérielles. Elle aimait certes confusément les livres, mais que vaut un livre s'il n'est pas partagé ? Elle en avait bien assez. Sa mère méritait d'être plus connue pour son travail. Elle avait envie de se montrer gentille, parce que le praticien lui semblait aimable. Elle était bien élevée malgré les errances de sa mère qui était souvent absente et déconnait pas mal. Elle sourit quand l'homme lui dit ne pas trop aimer les changements, rougissant un peu en regardant ses baskets. La phrase lui avait visiblement fait plaisir et l'avait détendue. Elle rougit plus avant quand il lui dit que le nom de son serpent était intéressant, même si elle n'était pas vraiment sûre de comprendre ce que cela signifiait.

Et, lorsque le psychiatre lui dit qu'il essayerait de lire Rebecca, elle releva enfin franchement le regard et osa le fixer, un beau sourire aux lèvres comme elle n'en avait encore jamais eu depuis le début de l'entretien. Ce sourire ne dura qu'un instant, mais il fut sincère. Le fait qu'il aborde sa relation avec Annabel lui coupa l'herbe sous le pied et elle se renfrogna soudain, s'enfonçant dans son fauteuil.

"Heu...", elle fut mise à quia, rendue nerveuse, "A... Annabel."

Rien que son prénom la rendait déjà toute chose, incapable de trier ses sentiments : elle était contente de la connaitre, triste de ne plus pouvoir être avec elle, respectueuse de la décision de son aînée, mais frustrée par cette dernière. Et surtout, dans la tête de Corey, c'était qu'Annabel ne voulait surement plus la voir parce qu'elle devait avoir fait quelque chose de mal. Elle ne comprenait pas la culpabilité qu'une quadragénaire pouvait ressentir en se rapprochant d'une toute jeune fille. Elle croisa les mains et frotta ses pouces ensembles, timide comme l'adolescente qu'elle était.

"Elle ne parle pas beaucoup et tient une librairie pas loin d'ici... elle a quatre ans de plus que ma mère... j'essayai de l'aider à arrêter de boire, parce qu'elle est très déprimée. Elle m'a toujours très bien comprise et...", sa voix s'étrangla soudain, et ses yeux se remplirent de larmes sans qu'elle ne s'en rende compte, "... et... et maintenant, elle... e-elle... ne veut plus me v-voir...."

La jeune fille eut un hoquet, et ne put contrôler ses émotions malgré ses efforts. L'odeur des cheveux d'Annabel lui revint en tête et elle eut soudain l'impression de passer sous un rouleau compresseur. Se cachant le visage dans ses mains sans trop savoir pourquoi, elle n'émit pourtant aucun bruit en pleurant. C'était le manque. L'absence des gens lui était difficile; Celle d'Annabel lui était intolérable. Elle se sentait comme une adolescente pathétique de séries télé, qui pleurait pour une bête histoire d'amour.

"Pardon, monsieur Morgan", s'excusa-t-elle bêtement sans cesser de se cacher le visage, cherchant à se reprendre en répondant à la question posée, "... non... enfin... oui, et non. J'aime les animaux. Sinon non. Rien."
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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mar 15 Aoû - 0:52


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Quand il pensait qu'il arrivait enfin à quelques choses, de nouvelles informations apparaissaient. Elle était difficile à cerner. Elle avait certainement vécue trauma sur trauma. Il leur faudrait des semaines et des semaines avant qu'il ne puisse l'aider. Pour l'heure elle n'était pas prête à lui parler de Miami, de ce qu'elle avait vécu. Il devrait gagner sa confiance pour ça et même une fois que ce serait fait, si un jour il parvenait à la gagné, elle ne lui donnerait surement pas toutes les pièces du puzzle. Il y a des choses trop dur à évoquer. Il choisit un sujet plus simple comme son attachement aux odeurs. C'était un sens sur et elle avait besoin de certitude. L'odeur ne mentait pas. Il lui sourit. "Peut-être que l'on "sent" mieux que l'on existe." Il trouvait ça beau et vrai d'une certaine façon.

Les odeurs peuvent être réconfortante.

Il regarda son visage changer. Elle était probablement repartie dans ses pensées. Quand elle évoqua une nouvelle personne il en profita pour l'interroger à ce sujet. Eva, sa cousine, avait connaissance de ses difficultés et essayait de la faire sortir de sa coquille.

Et comment tu te sens quand elle essaya de te toucher ou de te sortir de ta coquille. Tu dirais que les moyens qu'elle emploie fonctionnent ?

Ils parlèrent ensuite de la profession de sa mère. Elle écrivait des bouquins qui avaient l'air franchement étrange. Il était curieux à l'idée d'en lire un. Elle lui tendit un exemplaire quand il lui promit de lui rendre rapidement elle lui dit de prendre son temps, c'était cadeau. Il lui sourit touché par le geste.

Merci.

En parlant livres il obtenu quelques informations. La plus intéressante était qu'elle avait eu une relation avec une femme plus âgée. Elle s'appelait Annabel. Elle tenait une librairie et plus important elle était âgée de quatre ans de plus que sa mère. Il n'aimait pas ça. Il ne comprenait pas ça. Il pouvait comprendre la différence d'âge quand c'était de l'ordre de cinq ans comme Liv et lui. Il grinçait des dents quand c'était 15 ans comme Lincoln et Rebecca mais là quatre ans de plus que sa mère. En plus elle avait des problèmes d'alcool et elle était possiblement dépressif. La pauvre ado avait touché le gros lot. Elle avait le sentiment que cette Annabel l'avait comprise et maintenant elle se faisait rejeter par elle.

C'était la première fois que tu ressentais ça pour quelqu'un ? Annabel et toi ça a duré combien de temps ?

Elle se mit à pleurer et à se cacher derrière ses mains. Elle s'excusa. Il lui tendit un paquet de mouchoir.

Tu as le droit de ressentir ce que tu ressens et tu as le droit de pleurer si tu as envie de pleurer. Je ne suis pas là pour te juger. Tu n'as pas besoin de t'excuser.

Elle passait sa vie à lire. La lecture et les animaux étaient les seuls choses qui l'intéressaient. Il faudrait qu'il l'aide à trouver d'autres centres d'intérêt.



 

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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mar 15 Aoû - 17:34

Et qu'importe que reviennent, ces pensées qui m'aliènent.

Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Marina & the diamonds - Teen Idle Elle hocha simplement de la tête pour montrer qu'elle pensait comme lui. Les odeurs et les goûts charrient avec elles des souvenirs, et les bons sont autant de remparts à l'anxiété. L'odeur étrange des pulls de sa mère, des vestes d'Annabel. Les parfums de femme, le goût d'un angel cake, les senteurs d'amande dans les cheveux de Christian. Le pull gris un peu informe qu'elle portait appartenait à sa mère, et elle le serra un peu par réflexe. Ils parlèrent finalement de sa cousine Eva et de sa tendance  vouloir parfois la sortir de force de sa bulle ; mais avec une force tranquille. L’adolescente se mordit la lèvre inférieure en se remémorant les moments où son aînée avait cherché à la faire sortir de ses gonds, ou de son mutisme. Il y en avait des tas, mais tous n'étaient pas forcément désagréables.

"Je suis allée au barbecue de la ville, la semaine dernière. Une femme qui s’appelait Rebecca - comme celle du livre - est venue me parler. Eva est venue aussi, elle m'a prise par les épaules et à essayé de flirter avec cette femme. C'était un peu gênant pour tout le monde.... mais... c'était une plaisanterie."

Corey connaissait bien Eva. C'était uen femme ambigu, un peu comme sa mère, et un tantinet sans gêne. Mais elle avait bonne nature et faisait souvent de son mieux pour que tout le monde ait le sourire, ainsi elle ne pensait pas que sa cousine ait pu faire ça pour se moquer de l'autre femme. Elle eut un vague sourire, yeux fermés, avant de reprendre.

"Eva a une fois mélangé mes M&Ms avec des Skittles dans un gros bol. J'ai passé une après-midi a tout trier, ça m'a rendue chèvre."

La jeune fille n'ajouta rien de plus, mais elle avait étrangement le sourire aux lèvres malgré la bizarrerie de la situation, et la frustration qu'elle avait ressenti ce jour là, quand les choses n'avaient pas été en ordre. A présent qu'elle y repensait, c'était plus drôle que dans ses souvenirs. Elle eut un rire, mais ses rires avaient tous quelque chose d'un peu décalé ; ils étaient sincères, mais venaient toujorus un peu après la bataille. Ils parlèrent de sa mère, et Corey préféra offrir le livre au psychiatre plutôt que de lui prêter. Elle n'aimait pas attendre qu'on lui rende les choses, car cela la stressait, alors elle préférait donner. Elle tenait également à faire connaitre sa mère. C'était une gentille fille, attentionnée et délicate malgré ses bizarreries.

"De rien, monsieur Morgan", dit-elle par réflexe, sa politesse extrême se couplant avec un aspect très répétitif dans sa manière de dire entièrement et à chaque fois le nom du praticien, l’appelant monsieur sans jamais dire docteur.

La discussion atteint une sorte de point de non-retour lorsqu'elle frôla le sujet sensible qu'était Annabel, achevant de faire sortir Corey de sa coquille pour se laisser aller à pleurer; Détestant ça, elle s'excusa platement pour cet épanchement et se cacha le visage dans un geste naturel, mais étrange. Elle refusa de longue minute de retirer les mains de son visage, demeurant totalement mutique et se balançant légèrement. Elle cherchait à se contrôler et reprendre possession de ses émotions qui devenaient soudainement brouillonnes, difficiles à cerner pour elle. Lorsqu'elle se sentit calmée, l’adolescente prit une grande inspiration, murmurant si bas à elle-même qu'il ne fut pas possible d’entendre ce qu'elle disait. Elle essuya ses larmes d'un revers de la main, le visage encore rougi par sa crise.

"Oui, c'est la première fois", l'usage du présent était volontaire, "... environ cinq mois. Mais on ne se voyait pas tous les jours", elle réfléchit posément avant de dire, un peu à elle-même, "je suppose qu'elle a du se sentir coupable à cause de notre différence d'âge", elle hocha négativement de la tête, les sourcils froncés, "mais moi ça ne me dérange pas du tout. Je ne la comprend pas."

Hochant de la tête, elle prit un mouchoir du paquet tendu pour s'essuyer les yeux et s'y moucher, le fourrant dans sa poche sans rien dire. Elle espérait ne plus avoir à l'utiliser. Aux dires de l'homme, une part d'elle-même fut rassurée et elle lui sourit très timidement, tout en répétant ces mercis et ces pardons répétitifs qui la rassuraient et lui permettaient plus facilement de communiquer avec les autres si elle avait un schéma de discussion bien posé.

"Merci, monsieur Morgan. Pardon."
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MessageSujet: Re: cameron & corey ▽ Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.   Mar 22 Aoû - 1:37


Je ferme les yeux, je sais qu'il m'entend.
Ft.Corey


Il était assez surpris d'apprendre qu'elle s'était rendue au barbecue de la ville. Il venait de la rencontrer mais il en savait assez sur elle pour savoir qu'elle n'était pas ce genre de personne. Elle avait peur des autres, suffisamment pour éviter de le regarder dans les yeux. Qu'est ce que quelqu'un comme elle pouvait aller faire à une soirée comme celle là ? Peut être qu'il sous estimait son envie d'aller mieux, après tout elle était là de son plein gré. C'était elle qui avait appelé pour prendre rendez vous.  Il fronça les sourcils perplexe peut être que sa cousine avait véritablement une influence positive sur elle . Non elle lui avait dit que sa cousine était venue aussi. Elles n'y étaient pas allé ensemble. Rebecca. Il fronça un peu plus les sourcils. Est ce que Rebecca était allée au barbecue  ? Il supposait qu'il y avait d'autre Rebecca à Burlington. Quelle était la probabilité pour que Corey et Rebecca se connaissent ?

A quoi est ce qu'elle ressemblait cette femme ? Cette Rebecca ?

La relation entre Corey et sa cousine avait l'air intéressante. Eva avait l'air d'avoir une forte personnalité. Corey avait l'air de l'apprécier et ce même si elle perturbait ses habitudes. Il ne savait pas s'il devait considérer le fait qu'elle ait passé l'après midi à trier les M&Ms et les Skittles comme un TOC. Il aurait probablement fait la même chose. Il avait horreur des Skittles.

Il y a d'autres choses qu'il ne faut pas mélanger ?

Il lui sourit après qu'elle lui ait fait cadeau d'une copie d'un livre que sa mère avait écrit. Tout à propos d'elle était intéressant mais il avait encore trouvé une perle. Elle avait eu une relation avec une femme de l'âge de sa mère. Cette relation la faisait encore souffrir et elle versa quelques larmes. Elle se cacha le visage et s'excusa. Elle avait honte mais il n'y avait pas vraiment de quoi. Elle se calma et reprit. C'était la première fois qu'elle avait des sentiments pour quelqu'un. Leur histoire avait duré cinq mois. Corey supposait que la femme qu'elle aimait se sentait coupable de la différence d'âge. C'était bien temps d'y penser. Il ne comprenait pas comment un adulte pouvait faire ça. L'écart ne dérangeait pas Corey. Elle ne voyait pas le problème.

Tu es jeune. T'as quel âge 18 ans ? Il y a des tas de choses que tu dois découvrir. Il y a des tas de choses que tu dois vivre. Tu ne pourras jamais le faire si tu restes avec une personne qui a toutes les réponses parce qu'elle est déjà passé par là.

Il lui tendit un mouchoir. Ce n'était pas son fort de réconforter les gens. Il aurait aimer pouvoir faire plus pour elle. Il lui sourit tristement.

 

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